jeudi 21 février 2008

Pensées...

"If you stay on one place long enough, you become that place"

Je crois que je tire cette phrase d'un Rocky mais après tout peu importe, d'autres ont du dire ça avant lui sous une forme ou une autre. L'important c'est qu'elle résume ma pensée du jour. Pour les chagrinés, eh oui, on trouve parfois des tout petits morceaux de profondeur dans Rocky même si c'est pas forcément pour ça qu'on regarde ce genre de film...

En fait, j'ai pensé à cette phrase quand j'ai vu la photo ci-dessous où figure une partie de l'équipe du CLS-M, l'institution à laquelle je suis affilié. On y distingue d'ailleurs Francisco le bel andalou et Kevin le professeur canadien en "sabbatical" (saurez-vous les reconnaitre?), en plus d'un thésard néerlandais pongiste qui se prénomme Marco.




Pourquoi cette photo m'a-t-elle fait penser à cette phrase. Tout simplement car elle m'a rappelé des photos similaires mais dans d'autres lieux et dans d'autres temps. Elle a fait renaitre l'espace d'un instant un passé révolu mais dont les traces sont facilement repérables chez moi si on sait tendre l'oreille. Mes enflammades pour le Brésil, ma défense de la beauté sauvage de Terre Neuve, mes références à l'histoire du Portugal ou enfin ma description de Lyon quand je suis à l'étranger. Attaquer ces lieux, les critiquer, c'est un peu attaquer ma personne car je suis un peu devenu ces lieux, ou plutôt ces lieux continuent de me hanter.


Cette photo me pose alors la question de savoir si j'ai encore de la place en moi pour accueillir un nouveau lieu, un nouveau pays. En tout cas c'est pas la musique des Pays-Bas qui va me faciliter la tâche, mais plus surement le fromage et les vélos. En tout cas je vous tiendrais au courant si ça arrive, ou peut être que c'est vous qui m'en ferez la remarque quand au détour d'une phrase je me mettrai à faire l'éloge de la qualité de vie des néerlandais (non sans avoir critiqué leur administration auparavant).

Pour rester dans la nostalgie je ne pouvais faire autrement que de terminer sur un fado qui me fait toujours quelque chose à chaque fois que je l'écoute. Il s'agit de "Oh gente da minha terra" (oh peuple de mon pays) chanté par Mariza la star du fado contemporain (qui elle même de par sa personne est une ode au metissage). J'espère que cette chanson vous fera autant d'effet qu'à moi. Attention préparez vos mouchoirs...






Ó genta da minha terra (Oh peuple de mon pays)
Agora é que eu percebi (Ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai compris)
Esta tristeza que trago (Que la tristesse que je porte en moi)
Foi de vós que a recebi (C'est de vous que je l'ai reçu)


dimanche 17 février 2008

Kaasschaaf

Les plus perspicaces d'entre vous sauront déjà à ce stade de quoi va parler ce nouveau billet. Les plus perspicaces ou les plus germanophiles d'entre vous. En effet, un instrument particulier est au centre de la culture néerlandaise, il s'agit d'un coupe fromage ou "Kaasschaaf". C'est en tout cas ce que disent les néerlandais ou du moins c'est ce qu'il leur manque le plus quand ils sont à l'étranger. Non, je ne l'invente pas. Arte a réalisé quelques séquences vidéos (qu'on peut voir ici, pour ceux qui ne sont pas trop occupée à rédiger un rapport, un article ou tout simplement une thèse...) avec plein d'européens de tout pays (dont des portugais) et c'est ce que les néerlandais ont répondu à tout les coups : "Ce qui me manque le plus c'est mon kaasschaaf".
Qu'est-ce qu'il a de si spécial ce coupe fromage néerlandais (en fait inventé par un Norvégien de Lillehammer, mais on va pas chipoter). Ben y a qu'à regarder la photo ci-dessous et vous comprendrez de suite.


On appelle les Pays-Bas, l'autre pays du fromage et c'est bien vrai, ils en mangent énormément. Par contre, il s'agit la plupart du temps de fromage à pâte pressée. Du coup, avec le kaasschaaf, on peut facilement en couper de fine tranche bien fraiche, miam miam. J'avoue, j'ai succombé à la pratique et j'ai mon propre kaasschaaf à la maison, c'est vraiment trop pratique pour manger du boerenkaas au cumin (mon préféré).
Bon trêve de blabla fromager. Cette semaine, je ne l'ai pas vu passer. Montage d'une expérience, préparation d'une présentation donnée jeudi, visiteuse portugaise et compétition de ping pong contre l'équipe première de notre classe. Tout ça s'est très bien passé sauf que comme d'hab je suis encore à la bourre pour plein de truc, mais ça c'est l'apanage des Christophe, et que les portugais, en tout cas tout ceux que j'ai rencontré, en font toujours trop dans la gentillesse (mais ça je crois que c'est culturel). Pour le ping pong, je ne vous ferais pas le plaisir de vous mettre la seule et unique photo de la partie acharnée qui s'est jouée vendredi soir (notre équipe à gagné 7 à 3, c'est un miracle) car elle ne retransmet pas assez l'intensité du moment (bon j'arrête de mentir, en fait je suis trop moche dessus). Par contre pour me faire pardonner, je vous offre une merveille de chanson "the masquerade" interprété par le non moins fameux George Benson (rappeler-vous "give me the night" dont le gimmick a été repris sur "je dans le mia").
Oui, je sais, y en a qui préfère une autre version mais avouez que celle-ci est pas mal non plus, non?

dimanche 10 février 2008

Soirée surprise

Depuis vendredi, il fait super beau sur Nimègue. Je suis plutôt surpris car, comme vous le savez, Phil la marmotte a annoncé la semaine dernière qu'il y aurait encore 6 semaines d'hiver cette année. Comment ça vous ne connaissez pas Phil la marmotte! Mais la fameuse marmotte de "Un jour sans fin", celle qui habite dans un village au nom si facile à prononcer : "punxsutawney". Si vous ne le saviez pas, sachez que cette marmotte existe bel et bien et fait la pluie et le beau temps des journaux américains chaque année au début du mois de février (voir ici).
Donc, comme je le disais précédemment, il faisait beau ce vendredi mais je ne pouvais pas vraiment en profiter. D'une part John donnait deux conférences que je ne voulais pas louper et d'autre part c'était l'ouverture du CLSM l'après-midi.

John, c'est le fabulous John Ohala, toujours aussi en forme. Il a eu quelques blagues (peut pas s'en empêcher) et a fait des trucs dans son style. Dans la première, il a essayé de nous convaincre que les femmes portaient du mascara pour que par contraste leurs yeux aient l'air plus grand afin qu'il puisse ressembler à ceux des bébés. Pas très scientifique tout ça, mais j'ai bien aimé sa tirade sur les hommes et les femmes : "men are less valuable than women", tout ça pour d'obscures raisons de survie de l'espèce, bien qu'au fond je suis bien d'accord quand même (c'est Emmanuel qui va sauter au plafond en lisand ça, bien qu'il sache déjà à quoi s'attendre avec moi).
La deuxième conf de John était pour dire, en gros, que la phonologie théorique c'était de la bullshit et qu'il fallait faire de la "vrai" science donc ramener dans le droit chemin les étudiants brillants qui perdaient leur temps et leur neurones dans des bêtises. Après la conf du matin en partie sur la longueur des "eyelash", j'ai été moyennement convaincu mais bon en même temps j'ai encore un pied dans la phonologie formelle.

L'après-midi fut rude. Les ouvertures, que ce soit de bâtiment, de département ou de toute autre chose, sont souvent barbantes. Ce fut le cas aussi même si ça permet de faire la connaissance des autres membres du CLSM (Center for Language Studies - Max Planck). On a eu droit à un discours sur la politique locale qui ressemble furieusement à ce qu'on vit en France (en gros la dépréciation des humanités et la constitution de plus gros labo pour faire face à l'adversité) et aussi à des présentations des membres de cette nouvelle institution. Bien entendu, le tout s'est terminé par un pot et s'est continué au "cultuur café" du coin avec moult bières.
Moult bières, s'est vite dit, car dans mon cas, après avoir commandé ma troisième bière, une kriek (j'aime le goût cerise que voulez vous) et l'avoir à peine entamée, voilà ti pas que je reçois un coup de téléphone un peu stressé d'un gars du ping-pong, pardon du tennis de table, qui m'appelle pour me demander de jouer dans la demi-heure qui suit. Moi qui ne boit pas souvent d'alcool, je suis, j'avoue, un peu emmeché, mais je dit oui, en apprenant auparavant que l'un de mes collègues pongistes était tombé malade, et que s'il était si nerveux c'est qu'il avait essayé de me joindre toute l'après-midi, le pauvre. En effet, comme je suis un garçon éduqué, mon portable était éteint durant les conférences.

Je finis ma bière, d'un coup d'un seul et avec courage et surtout attention, j'enfourche ma petite gazelle pour aller me changer chez moi rapidement et manger une banane et du chocolat sur le pouce. Les effets de l'alcool se font sentir dans mon petit corps fragile. Et c'est pas faute de les avoir prévenu de mon état qu'il me voit arriver à la salle légèrement joyeux. Il me sorte même une "leffe" (les pongistes néerlandais on toujours des bières dans leur sacs, allez savoir pourquoi...)pour l'occasion mais avant je dois affronter un de mes adversaires. Finalement je m'en suis pas si mal sorti. Si j'ai bien perdu mon premier matche (en loupant pas mal de fois la balle, faut dire), les deux autres (où j'avais récupéré un peu de vivacité d'esprit et de corps), je les ai gagné, haut les cœurs. Et puis comme je vous l'avais annoncé, ici tout se termine comme ça, ça s'est terminé par une bière (encore...).

Le lendemain, en me souvenant de ces matchs, je me suis rappelé d'un film de Jean-Claude Van Damme (Kickboxeur, on a les références qu'on peut...) ou dans un état avancé d'ébriété, il se fait plusieurs types dans un bar en réalisant d'ailleurs un de ces mouvements favoris, un grand écart facial). Je me suis dit en y repensant et avec ma nouvelle expérience acquise : "franchement, Van Damme, c'est que du cinéma, c'est vraiment juste pour rire" (vous pouvez voir, si vous êtes vraiment curieux, l'extrait ici, on peut d'ailleurs y constater son talent pour la danse même bourré).
Tout ça pour dire que le Kung Fu ça se pratique sans alcool pour avoir de meilleurs réflexes, même si on peut manger plein de chocolat avant. Pour ça, mon maître absolu reste Kung Fu Panda dont la renommée est tel que les grands studios de Hollywood, toujours attirés par les grandes aventures véridiques, vont lui dédier un film qui sortira en juin. Vous pouvez en visionner la bande annonce ci-dessous, et comme le dit mon grand ami panda mystique : "he's got the belly for battle..."

dimanche 3 février 2008

Hommage

Hier, quand je me suis levé, j'ai eu une belle surprise. Il avait neigé durant la nuit. Pas beaucoup, juste ce qu'il faut pour laisser une léger duvet blanc sur le sol (comme vous pouvez le constater sur la photo que j'ai prise de la fenêtre de ma chambre). J'avoue ne pas m'en être réjoui très longtemps. En effet, hier, je devais aller à une conférence nommer "linguistics in the Netherlands" qui se déroulait à Utrecht ce qui signifie prendre son vélo pour aller à la gare. Du coup, j'ai bien failli me retrouver plusieurs fois à embrasser le sol comme le saint Pape quand il descend d'avion si ce n'était mes réflexes aigus de pongiste qui ne m'avaient tirés de ces mauvais pas (ou plutôt de ces virages glissants). N'est pas Vincent qui veux pour faire du vélo sur toute surface dans la joie et l'allégresse, excepté pour ses élèves... D'ailleurs Vincent est 8ème dan de Kung Fu, si ça n'est pas la preuve qu'il a dépassé le stade de l'apprentissage du ping pong, ma bonne dame hein...


Vincent est un grand maitre que vous avez la chance d'avoir au labo mais il n'aurait rien pu à la conférence quand certaines présentations se sont faites en néerlandais car il est maitre de Kung Fu mais pas polyglotte. Ce fut dur pour moi aussi car pour dire "raquette de ping pong" ou "on joue?", ça va mais de là à comprendre toute une présentation en néerlandais, il y a un pas que je n'ai pas encore franchi.
Sinon à part ce désagrément langagier la journée fut bonne, même si Paco, après la conf, a essayé de nous emmener dans un bar qui était plein en nous ayant baladé auparavant dans la ville car il ne se souvenait plus très bien où ça se trouvait (je vous rappelle qu'il faisait froid avec la neige et tout et tout). Bon, faut que j'avoue, j'aime bien charrier Paco, je sais pas pourquoi, enfin si je sais, mais c'est plus fort que moi. Heureusement, il le prend très bien. Espérons que je n'aurais jamais à travailler avec un vrai castillan (Paco est andalou) car mon côté subjectif risquerait de prendre le pas...

Ah on vient de me dire dans l'oreillette que mon titre ne correspond pas à ce que je viens d'écrire. Que vous êtes impatient! En même temps je vous comprend car vous voulez faire la fête et vous n'attendez que l'annonce du départ. Et oui, je dédies ce petit billet à Caroline qui va fêter son anniversaire cette semaine (oui Caroline, j'ai encore mes informateurs au DDL, hé hé hé). Alors tous ensemble on se lève et on chante : "JOYEUX ANNIVERSAIRE". Perso, j'aime beaucoup ta date d'anniversaire car elle fait partie de l'histoire de l'Europe puisque c'est la date de la formation de l'union europééenne avec la signature du traité de Maastricht (au Pays-Bas hé hé). Comme quoi c'est comme si tu en étais un peu l'inspiratrice puisqu'ils ont choisis de signer le traité le jour de ton anniversaire.
Bon pour commencer la fête, j'avais pensé à un peu de funana mais je garde l'idée pour une autre fois et je vous propose cette petite chanson brésilienne dédiée à toutes les Carolines du Brésil (on va dire de la terre ;-)... C'est parti! Let's dance!



(Carolina, Maravilha de mulher
Caroline merveille de femme

Para todas as Carolina do meu Brasil)
Pour toutes les Caroline de mon Brésil

Carolina é uma menina bem difícil de esquecer
Caroline est une fille vraiment difficile à oublier

Andar bonito e um brilho no olhar
Un joli port et un regard mutin...