mardi 18 août 2009

Avoir le leust dans ma téci.

Pour avoir du style (leust) dans mon nouveau tiéquar (quartier) vaut mieux écouter du 130A que du M. Et pour ce qui est de la tchatche vaut mieux parler verlan que bobo. Mais le verlan ça ne s'invente pas et il existe des règles à ne pas enfreindre pour le parler correctement. Comme toute langue, on peut y trouver des régularités mais aussi des exceptions. Et puis il y a les mots qu'on a tellement intériorisés qu'on ne sait plus que c'est du verlan. Le cas extrême est le mot "barjo", eh ben oui c'est le verlan de "jobart" c'est le saint petit Robert qui le dit...

Moi le verlan ça m'a toujours fait golri (rigoler). On prend un mot et on le renverse. Mais y a des pièges. Si c'est un mot d'une syllabe avec juste une consonne et une voyelle, c'est trop facile, suffit d'inverser les sons, c'est un truc de ouf. Là où c'est intéressant pour le linguiste que je suis, c'est que le verlan à ses propres règles. On ne fait pas la liaison par exemple. En français, on peux dire "va sucer des Zours" (ou sucer un Nours, si le keum ne nous veux pas trop de mal), mais en verlan, on ne peut pas dire "c'est un Nouf", on est obligé de dire "ct'un ouf" sans la liaison. C'est ça avoir le staïle... ou vouloir faire staïle...

Pour les mots consonne-voyelle-consonne, c'est un peu plus prise de tête parce qu'on peux avoir le choix. Soit on garde la voyelle, soit on ne la garde pas. Par exemple "bête" se dit "teubé", mais si on applique cette règle partout on est un peu teubé justement, parce que ça marche pas avec "teub" (bite), où la voyelle "i" a disparu. Dans un cas, on a décidé que le mot "bêtEU" devenait "teubé" juste en inversant, dans le deuxième cas "bitEU" devient "teubi" puis on supprime le "i" final. Et je ne parle même pas des cas de verlan verlanisé comme "beur" qui est devenu "rebeu" mais qui à l'origine était le mot "arabe" (arabe -> beur -> reubeu). Je vais m'arrêter là pour aujourd'hui car la suite devient encore plus complexe. Heureusement, on n'est pas obligé de connaitre toutes ces règles pour utiliser quelques mots de verlan comme "beuh" (herbe) ou "keuf" (flic), notre lexique mental arrive toujours à la rescousse dans ces cas là sans passer par la case "règles"...

Pour illustrer un peu le propos, voici un clip de 130A où on peut entendre, entre autre, les mots "reus" (soeur), "milleaf " (famille) et "tinma" (matin). Bonne découverte...

Et pour en savoir plus :
Méla, Vivienne. 1997. “Verlan 2000.” Langue Française 114: 16-34.
Plénat, Marc. 1995. “Une approche prosodique de la morphologie du verlan.” Lingua 95: 97-129.


mercredi 12 août 2009

De l'utilité de la répétition

Ce titre pourrait faire aisément référence à la pédagogie qu'on dit faite de répétitions. Il n'en est rien. En fait, cela fait plus particulièrement référence à mon domaine. Je m'explique. En physique, on a du apprendre que pour qu'une expérience soit validée, elle faut qu'elle soit répétée. C'est un peu dans la même idée qu'en acquisition du langage on dit que tel élément (mot, tournure grammaticale...) est acquis que quand il est réitéré plusieurs fois par l'enfant en différentes circonstances.

Il en va de même pour les sons même si ça peut paraitre un peu étrange au premier abord. Prenons un exemple. Votre enfant que vous avez intelligemment nommé Albertine (en référence à Proust votre auteur préféré) à deux mois et pour vous c'est un génie de la parole. Elle est capable de vous produire des sons qu'existent même pas en français et que vous ne pourriez certainement pas imiter. Vous vous vanterez lors d'un repas bien arrosé qu'elle parlera très certainement super bien anglais car hier soir vous l'avez entendu produire parfaitement les impossibles "th" de l'anglais.
Malheureusement pour vous (et pour elle), il y a peu de chance pour que cette prédiction se réalise. En effet, entre 1 et 4 mois environ, le bébé s'éclate à essayer un peu toutes les positions qu'il peut faire avec la bouche et les sons qui vont avec. Il n'a aucun contrôle sur ses actions ou si peu, et la preuve majeure c'est qu'il ne peut pas répéter ses fameuses prouesses que vous avez entendu la veille. Et ouais, ça veut dire qu'elle n'a pas acquis les sons en question, ça veut juste dire qu'elle a juste eu la chance du débutant...
C'est un peu comme la première fois où j'ai eu à lancer un disque en athlétisme. Mon premier jet avait été excellent, je savais pas comment j'avais fait et je ne sais toujours pas car je n'ai jamais réussi à répéter la performance.

Aux environs de 5, 6 mois, Albertine va rentrer dans la phase qu'on appelle babillage canonique. Durant cette phase, elle produira plein de consonnes mais cette fois-ci souvent les mêmes et dans la grande majorité des cas des consonnes qu'on utilise en français. Surtout, elle ne se bornera pas à produire ses consonnes aux hasards mais elle se mettra à les répéter "ba ba ba ba ba", "ti ti ti ti ti ti", "gu gu gu gu"... Ce basculement de la variation heureuse à la répétition est aussi le basculement de la découverte à l'acquisition. Les consonnes répétées durant la phase de babillage sont bien cette fois-ci acquises car du fait de leur répétition, Albertine montre qu'elle a un certain contrôle sur sa production...

ps: Je ne l'ai pas signalé, mais afin d'atteindre un semblant de rigueur scientifique dans ce petit billet, j'ai assumé que Albertine était née en France, de parents parlant uniquement le français.


mercredi 25 mars 2009

Croque enfance

Je sais pas vous mais moi mes premiers pas dans la musique ont été réalisé par le truchement d'un superbe objet technologique (pour l'époque), j'ai nommé le mange-disque. Bon ok, c'était celui de ma sœur en réalité mais j'en ai profité indirectement tout de même. Ce merveilleux objet (voir image ci-dessous) est arrivé chez nous fin des années 70, début des années 80. En tout cas, je peux certifier qu'en 81 je me souviens l'avoir utilisé.

La plupart des mange-disques étaient orangeâtre (casimir était à la mode) mais bizarrement le notre était bleu, va savoir Charles...


Mais qu'ai-je bien pu écouter dans ce mange-disque où on ne pouvait passer que des 45 tours. Ben un peu tout ce qu'on pouvait grappiller par-ci par-là. Jamais d'achat à l'époque, C'était déjà un luxe d'avoir un mange disque et une toute nouvelle télé noir et blanc. Je pense qu'une partie de ma discothèque s'est faite par des dons des familles dont ma mère avait gardé les enfants mais ce n'est qu'une supposition, j'avais 5 ans en 81 et pas encore toute mes dents ni toute ma tête. Sans doute ma sœur devait aussi m'en offrir de temps en temps...

Ce dont je me souviens bien en revanche, c'est des disques en eux-même. Ulysse 31, l'histoire des 3 petits cochons, Vickie le viking... Des disques de gosses que je me passais et repassait, ça devait énerver ma mère mais je n'en ai pas le souvenir. Quand on est gamin, on ne pense pas à ce genre de détail.

Malgré tout, j'avais à ma disposition quelques disques pour adulte dont deux venant directement du Portugal. Comment ils sont arrivés chez nous? Mystère. Je me souviens qu'en 80 ou 81 mes parents étaient retournés au Portugal pour les vacances. D'ailleurs cet été, je m'étais tellement entiché de l'âne de ma tante que j'avais voulu dormir avec lui dans l'étable. Ça marque son enfance.

Bref, peut être que ces deux disques sont revenus dans nos valises. Ils appartenaient formellement à ma sœur mais je ne me privais pas de les utiliser. Quel choc ça a été quand j'ai découvert récemment qu'une de ces chansons avait été présentée à l'eurovision 1980. Et oui, le gars était une star à l'époque au Portugal et en plus il ne s'était pas trop mal débrouillé à l'eurovision. Faut dire que son look hybride entre Elton John et Gilbert Montagné le prédestinait à gagner plein de points durant cet âge d'or du kitch. Qui plus est, sa chanson est plutôt entrainante. Je vous laisse juger par vous même. J'espère seulement que ces premiers pas dans la musique n'ont pas trop façonné mon goût musical ultérieur, on pourrait presque le croire pour ceux qui me connaissent bien...

Bonne écoute!

ps: peut-être que la prochaine fois, je vous parlerai du deuxième disque qui vaut également son pesant de cacahouètes...


mercredi 4 mars 2009

Comment se faire embaucher comme enseignant-chercheur au Canada et en France

Dans ces temps troublés, voici un petit comparatif tout personnel sur la façon dont est traité ce genre d'affaire des deux côtés de l'Atlantique.
C'est vrai ça, est-ce qu'il y a tant de différences que ça pour que ça mérite un billet. Je dirais pas tant, mais les différences sont assez révélatrices vous allez voir.

Bon tout d'abord, pour pouvoir postuler à ce genre d'emploi dans les deux pays, il faut au minimum avoir une thèse, ce qui est somme toute assez facile (petit rappel, une thèse c'est bac+8 minimum, plus un gros pavé d'écrit sur un sujet intéressant ou pas, mais là c'est pas à nous de juger).

Une fois la thèse obtenue, on se dit : "chouette ça y est je vais pouvoir être enseignant-chercheur". Que nenni mon ami! Bac+8 n'est généralement pas suffisant dans la plupart des disciplines, donc on muscle son CV par une ou plusieurs années à l'étranger (j'en suis à ma deuxième). Malgré tout on perd pas espoir et on postule par ci par là.
Pour le Canada c'est simple, on postule dès qu'on voit une annonce proposée par une université (ça peut être tout au long de l'année). Une thèse suffit, il suffit d'y rajouter un CV, une lettre de motivation, des lettres de recommandations et le tour est joué.

En France, le tout est centralisé dans Galaxie, certains postes peuvent apparaitre au fil de l'eau (c'est à dire n'importe quand), mais la grande majorité apparaissent début mars pour le big concours. Mais hop hop hop! On va trop vite en besogne là. En France, la thèse est nécessaire mais pas suffisante pour présenter les concours de Maitre de Conférences, Il faut d'abord monter un dossier après sa thèse qui passera devant une commission qui déterminera si votre thèse est bonne ou pas. Si pas bonne pas concours même si thèse. Ah ben oui.
Je recapépète pour ceusse qu'on pas suivi là bas au fond. Au Canada, tu as une thèse, tu postules où tu veux quand tu veux. En France, tu viens d'avoir une thèse, ben ma grosse feignasse de bac+8 qui veut pas finir tes études, faut te bouger ton gros derrière car il faut remplir ton dossier de qualification si tu veux passer les concours l'année suivante.

Bon une fois qu'on a obtenu sa qualif, on attend fébrilement début mars en espérant qu'il y ait un profil de poste qui correspond. Dès que la liste est publiée sur le site Galaxie, on candidate (en général à 3 ou 4 postes en moyenne, c'est selon le menu). Les postes sont liés à une université, ce qui veut dire qu'on peut très bien candidater à Toulouse, Nantes, Lille, Strasbours et Paris. Le dossier est un peu plus long qu'au Canada. Notamment, il faut envoyer un CV analytique (en gros ça veut dire que tu dois tout détailler et que ton CV fini par faire 8 à 10 pages) et au cas où ton jury de thèse et les mecs de la qualif auraient mal fait leur boulot, renvoyer le rapport de soutenance de thèse.

Mais c'est pas le mieux. L'administration française est mesquine on le sait. Dès lors, il demande de fournir plusieurs exemplaires (ce qui peut paraitre normal) et de fournir l'enveloppe de retour prétimbrée. Cela a bien fait rire mes ami(e)s canadiens je dois dire. Bon déjà, demandé une enveloppe pour le retour de courrier c'est petit bras (même si c'est très répandu en France) mais évidemment elle doit être prétimbrée. Vive l'ouverture sur l'international! Où vais je trouver des timbres français au Canada car si je leur mets des timbres canadiens sur leur enveloppe de retour pas sur que quand ils posteront leur réponse, la poste apprécie. beaucoup.. Je tiens à préciser que tout cela est indiqué noir sur blanc dans" l'Arrêté du 15 septembre 2008 relatif aux modalités générales des opérations de mutation, de détachement et de recrutement par concours des maîtres de conférences" vous pouvez vérifier par vous même, même l'histoire des petites enveloppes prétimbrées, si, si...

Du coup, si vous êtes comme moi à l'étranger, ben vous vous faites envoyer les timbres français dans votre pays d'accueil par un(e) ami(e) compatissant(e).

Viens la deuxième phase, l'interview ou l'audition. Si votre magnifique dossier à taper dans l'œil du comité de sélection, on vous convoque pour une interview au Canada ou pour une audition en France.

Petite précision de taille, au Canada, vous êtes considéré comme ayant déjà un certain niveau (bac+8 tu m'étonnes), donc ils font les choses en grand. Si vous êtes convoqué, ils vous payent le billet aller-retour, l'hôtel et quand vous arrivez, ils vous prennent par la main et vous font faire le tour du propriétaire. En résumé, ils essayent de vous vendre leur université car ils savent que vous ne postulez pas que chez eux et eux aussi veulent faire bonne impression au cas où vous seriez choisi par plusieurs université.

Pour la France, je vous fais pas un dessin, ils vous ont déjà fait payé l'enveloppe de convocation et le timbre qui va avec, c'est pas pour vous payer le voyage au frais de la princesse nous les encore étudiants (même si en post-doc, oui oui, j'ai du remplir un questionnaire du ministère l'année dernière qui considérait que si on était en post-doc ben on était encore en train de faire des études, je sais pas ce qu'ils prennent au ministère mais ça doit vraiment être de la bonne).

Donc sur les 5 candidatures, disons que vous êtes convoqués pour trois présentations (Strasbourg, Nantes et Toulouse pour faire simple). Vous êtes à l'étranger, vous prenez donc un congé, vous vous payez un billet aller-retour (plus plein de billets de train, j'espère que vous avez fait des économies pour ça) et une fois sur place vous priez pour que les auditions ne se passent pas le même jour où à des dates trop éloignées l'une de l'autre (non parce que ça vous amuse pas beaucoup de prendre tout ça sur vos vacances). Ai-je besoin de préciser que pour ce qui est du Canada, la date de l'interview est fixé en accord avec les deux parties?

Si j'ajoute à ça qu'on gagne mieux sa vie au Canada, vous vous demandez sans doute pourquoi on reviendrait s'embêter avec un concours en France où le système nous considère comme des pseudos étudiants fainéants. Ben parce qu'on a une vie aussi, de la famille, des ami(e)s, peut-être une moitié qui nous attends, et aussi que la bonne bouffe et le bon vin bien de chez nous ça nous manque malgré tout...

Petite intermède de décompression : Michel Fugain dans "les gentils et les méchants"

mercredi 26 novembre 2008

Créateur Nationale de Rigolade Safranée

Ou quand le CNRS nous fait rire jaune...

Lettre ouverte au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Bande de communicants. Ça fait des heures que je fais les 100 pas devant les doubles portes en bois précieux de votre ministère. Des heures que j'hésite à venir enjamber vos corps courbatus - y'a toujours autant de réformes, ici... - pour vous avouer l'inavouable.
Je me lance.
Je suis tombé accidentellement sur votre petit film hier soir. J'en ai raté l'annonce petit cachotier- et donc la passionnante discussion qui a du en découler - mais malgré tout je suis resté scotché. J'avoue.
(grande respiration, petits pas d'échauffement, nouvelle grande respiration)
J'ai pris du plaisir.
(soupir)
Ouais.
Pire que ça. J'ai même bien rigoler. Me poilant comme ça devrait pas être permis sur : "la nature est un alambic mais ces cycles sont lents. Le CNRS s'efforce d'en accélérer les rythmes et d'en percer les secrets". Versant ma larme devant l'écran en écoutant le lyrisme touchant d'un non sens involontaire: " L'eau est indispensable à la vie. Comme le savoir scientifique et la recherche, ils irriguent l'histoire de l'homme et sont indissociables.". Puis postillonnant sur mon voisin en découvrant la justesse de jeux de mots virevoltants : " Le CNRS dépasse les frontières de la connaissance. La coopération mondiale devient un espace qui s'affranchit de l'apesanteur/la pesanteur.". Lâchant un gros "wouaaaah" émerveillé quand j'apprends que la nature est un sanctuaire que les scientifiques du CNRS contribue à préserver tout en en exploitant ces ressources infinies, car ils sont balaises les scientifiques du CNRS, ils arrivent à multiplier les litres de pétrole comme Jésus les petits pains tout en préservant la ressource. M'esbaudissant enfin comme une jouvencelle devant la justesse de l'analyse : "c'est l'un des rôles prépondérant du CNRS que de décloisonner les disciplines et d'émuler les transferts de données. Le CNRS stimule la coopération entre les sciences et favorise le passage des savoirs aux travers des barrières disciplinaires." C'est pour atteindre ce charitable objectif que je me dis qu'on va créer plein d'instituts différents selon la discipline pour remplacer le CNRS. Ouais je me suis esclaffer sur la célérité du CNRS qui espère bien attraper le savoir un de ces jours car le savoir c'est un sacré filou : "Le CNRS participe à la conquête du savoir en mouvement".

...
J'ai kiffé votre film, purée (et comme il faut être plusieurs pour assurer le spectacle, big up en passant à M. Beinex et Claire Diterzi, pour la mise en forme et tout et tout, vraiment chapeau, c'est une grande réussite, créer un inventaire à la Prévert pour qu'il ressemble à du gloubi boulga, faut le faire).
...
Ouais ouais, ça m'arrache la gueule de le dire mais bravo.
Mais sinon, évidemment, je vous hais toujours, hein. Comment pourrait-il en être autrement d'une équipe qui continue de sous-utiliser cette merveilleuse ministre qu'est Valérie Pécresse ?

Signé : "Doctor Dos" le plus malade mental des super vilains que la terre est jamais portée...


ps : merci à Rigo pour l'inspiration.
pps : en plus c'est pas leur premier coup d'éclat à la direction du CNRS, j'en suis encore sur le c...

Pause récréative : Attention, Jésus est un de mes amis aussi...


vendredi 3 octobre 2008

What's up Doc!

"They laughed at me! But I will show them. One day it will be I who laughs at them"
Ils se moquaient de moi! Mais ils verront bien. Un jour ça sera moi qui me moqueraient d'eux

Depuis que je suis ici, un certains nombre d'étudiants qui veulent me poser des questions m'appellent Doctor dos Santos. Je ne sais pas pourquoi mais à chaque fois je pense à la tronche d'un super-vilain. Il faut dire que dans la culture nord-américaine être intelligent c'est pas forcément bien vu et la propagande des grands studios d'Hollywood n'ont fait que propager cette image. Bon, moi je m'appelle pas Doctor Dos et je suis pas là pour dominer-détruire-me venger du monde (rayer la mention inutile), mais il faut bien dire que dans les films américains, souvent le héros est beau et bien carrosé et doit la plupart du temps affronter un "génie" du mal, ce qu'il fait en général en lui fonçant dans le lard, le cochon.
Dans les comics américain, le plus connu est sans doute le docteur fatalis (docteur doom pour les intimes) et il faut que les héros s'y mettent à 4 pour pouvoir l'arrêter et parfois ils demandent de l'aide en plus...

Franchement un gars qui se lance dans la sorcellerie pour aller récupérer sa maman en enfer ne doit pas être aussi méchant que ça

Dans les BD françaises franco-belges, y a le fameux professeur Septimus, dans la marque jaune, et dont le rire est caractéristique de l'idée que se font les gens normaux du rire d'un savant fou (là ils ne sont que deux pour l'arrêter). Et dans les dessins animés, mon préféré reste quand même le fameux docteur Gang, avec son M.A.D. chat, dont on a jamais vu le visage mais qu'on sait vraiment très méchant (à ce propos, l'acronyme M.A.D. signifierait Méchant Affreux et Diabolique en français et Mean And Dirty en anglais, je dis ça je dis rien). Là normalement, y a que l'inspecteur Gadget qui est derrière lui mais on sait tous qu'il se fait aidé par Sophie sa nièce et finot un chien super fort qui cache un micro dans son collier et qui peut marcher sur ses pattes arrières pour mieux se déguiser en humain. Et puis James Bond ne combat-il-pas également de nombreux ennemis distingués et intelligents comme par exemple le célèbre docteur No.

Je me demande ce que ça fait de se faire caresser par une main en métal...
M.A.D. chat s'adonnerait-il à des pratiques sado-maso?

Je passe sur la littérature qui a beaucoup brodé sur le sujet du savant fou mais est-on réellement fou quand on se rend compte que malgré son intelligence ce sont des idiots qui dirigent le monde. C'est vrai quoi, y a de quoi devenir complètement marteau. Moi déjà que quand je vois Bush ça me débecte, alors j'imagine ce que ça peut donner avec quelqu'un de supérieurement intelligent, ça peut lui donner des envies de meurtres ou de changer le monde. Souvent ça part d'une bonne intention d'ailleurs, mais une fois le monde changé à leur manière, qui devrait le diriger? Les mêmes idiots qui le dirigeaient avant? Bien sur que non, évidemment. Et là c'est la dérive...

Avec un rire pareil, on fait forcément dans sa culotte!

Tout ça pour dire que je ne sais toujours pas si ça me plait de me faire traiter de docteur. D'un côté, je peux être catalogué comme un super-vilain mais de l'autre, ça flatte un peu mon égo d'intellectuel meurtri. En même temps si je dois devenir un super-vilain va falloir que je travaille sévère mon rire car pour l'instant je ne pourrais même pas faire peur à une vieille marmotte asthmatique assoupie...

Pour terminer sur une note légère, voici qui quelqu'un qui aurait pu m'exercer à avoir une vrai posture de super-vilain s'il n'était pas déjà mort lui-même. Il s'agit de Maurice Chevalier qui dans cet extrait nous montre comment chanter de façon à captiver son auditoire. tout son auditoire. Et il en avait du talent...

(ps : les commentaires sont ouverts à tous alors faites moi partager qu'elle est le super-vilain qui vous a le plus marqué, avec un peu de chance il sera docteur lui aussi...)


lundi 15 septembre 2008

Opération Avalon

Vendredi soir, après avoir donné des cours toute la journée, j'hésite...
Que vais-je faire? Lire?
Trop crevé d'la tête.
Marcher?
Fait pas ben beau, en plus y a un sacré vent.
Rentrer pitoyablement à la maison?
Surement pas et mon honneur dans tout ça.
Puis une idée survient: et si je partais en mission commandée...
Chaud comme une baraque à frites (©Monsieur Foo-Foo), je fonce vers le SC (le Student Center voyons, il faut suivre) pour aller choper le bus direction Avalon Mall, ah ah ah!!!!
Petit parenthèse culturelle. La région de Terre-Neuve où j'habite se nomme la péninsule d'Avalon en référence à une certaine légende de mes ami(e)s. Malheureusement comme c'est une très bonne amie à moi je ne peux en dire plus. Enfin bref, tout ça pour dire que bon le mall a pris le nom du lieu du coin tout simplement.
Mais qu'allais-je y faire dans cet Avalon. J'allais essayer de me trouver, à travers cette horde de magasins menaçants, une petite bouilloire bien gentille prête à me préparer de l'eau toute chaude pour mes petites infusions relaxantes sans négliger mes petits thés stimulants d'avant les cours. Mais pas seulement une bouilloire, je voulais également m'enquérir d'une théière et d'un mug. En gros, l'ensemble du parfait petit hédoniste. Je rentre donc après un temps d'hésitation et surtout un détour à un GAB pour retirer de l'argent (les quêtes de preux chevalier, c'est plus ce que c'était) dans un Sears, ce que les canadiens appellent un "department store" et que nous on appelle hypermarché mais sans la bouffe. "Department store" parce qu'il y a plusieurs sections: cuisine, électroménager, linge de lit, vêtements... (sauf la mangeaille, si vous avez bien suivi).

La nuit au Student Center, ça fait carrément peur

Après un accès de myopie où les bouilloires sont devant moi mais je passe quand même deux fois devant avant de les voir, je trouve plus ou moins mon bonheur. Une petite bouillore ma foi fort sympathique. Blanche comme un yaourt nature, et douce comme le capot de mon cher ordi. Du coup, je la kidnappe. Rassurez-vous, elle était consentante, elle s'appelle Sabine. Par contre, pas l'ombre d'une théière potable, et d'un mug encore moins. Je me dis que pour me consoler je peux aller au ciné vu que je suis maintenant au Mall je peux en profiter mais en me dirigeant vers la sortie mon regard est attiré par une foule de CD en topless sur un étal. En promotion, en promotion qu'ils criaient tous ensemble. Mon cœur s'est serré. Je ne pouvais décemment pas les abandonner comme ça, comme un sans cœur, moi le sans reproche. Je me décidais à au moins tenter d'en sauver un, Sabine m'encourageant par des mots bienveillants. Elle m'aida beaucoup car au moment où je m'approchais, soudain ces CD éplorés ont failli me happer et c'est là qu'elle intervint en s'interposant entre moi et eux. Durant ce court instant, je profitais de la diversion pour fondre sur celui qui au milieu de cette cohue me jeta un regard désarmant que fut la cause de mon égarement. Car oui, c'est bien lui que j'écoute maintenant, en compagnie de Sabine et de ma tasse de thé.

Peut-être que vous aimeriez en savoir plus sur le CD n'est-ce pas, petit curieux que vous êtes. Oui, je l'avoue, j'ai craqué pour Curtis Mayfield. Je n'avais que deux ou trois chansons de lui dont l'excellentissime "Superfly" que je me mettais souvent au labo (petit clin d'oeil à Claire en passant qui doit se rappeler de la bande annonce). Donc voilà, je l'ai maintenant, Move on up qu'il s'appelle, du nom de la chanson titre. Pour la peine, je vous mets un extrait de Superfly pour vous convaincre que ce type a aussi une sacrée classe sur scène. Et n'oubliez pas: the only game he knows is do or die"!!!