dimanche 25 novembre 2007

Méditations sur les sculptures



Il y a quelques temps, Valérie et moi sommes aller visiter la superbe ville d'Utrecht (ceux qui y sont déjà allés peuvent confirmer mes dires je pense). Une ville avec un centre ville ancien bien conservé entouré de canaux pour les balades romantiques. Bref, tout ce qu'il faut pour se faire plaisir. Ce dimanche là, il n'a presque pas pluie et donc nous avons pu en profiter d'autant plus que certains magasins étaient ouverts. D'ailleurs on a pu constater que nous étions bien aux Pays-Bas avec l'un d'eux. Vous me connaissez, je suis un grand gourmand (et je dois dire que Valérie aussi) nous sommes donc entrés dans un magasin haut de gamme d'instruments de cuisine pour voir ce qu'il proposait dans le coin comme cocotte en fonte entre autre chose. Presque rien que du classique avec les prix qui vont avec, excepté ces petits moules à gâteau ci ou cette immense moule à gâteau en aluminium dans la vitrine. Qu'avait-il de particulier ces moules me direz-vous. Ben je vous répondrai qu'on ne s'attend pas, dans un magasin haut de gamme, à exposer dans sa vitrine un moule en aluminium en forme d'une partie de l'anatomie turgescente masculine que m'a pudeur m'interdira de nommer ici. J'ai donc peut-être quelques interdits par contre les néerlandais eux sont plutôt cool sur la question même dans le haut de gamme...

Après ce magasin et un tour de la ville, nous avions décidé de nous balader un peu au hasard avant le départ de notre train, ce qui nous a permis de découvrir quelques intrigantes sculptures. La première d'entre elles fut un majestueux lapin penseur.



Bon ok, il a plus la tête d'un minotaure que d'un petit lapin tout mignon mais je vous assure que c'est bien un lapin, tout d'abord parce qu'il a de longues oreilles de lapins et non pas des cornes. Ensuite parce que , vous ne le voyez pas sur la photo, mais il avait une petite queue de lapin dans son dos et pas une longue queue de taureau. Et enfin, parce que ça se voit qu'il pense à un moyen pour se faire un max de carottes, c'est évident vu sa position, le regard concentré se portant au loin, les oreilles à l'affut pour repérer le bruit du vent dans les fanes, et les narines bien ouvertes aux senteurs exhalés par les champs alentours (ou du moins les voitures). Ça se voit qu'il meurt de faim parce qu'il est tout maigre. Mais que vient faire un lapin (affamé) au beau milieu d'un carrefour. Ben après en avoir fait plusieurs fois le tour, ma réponse est "aucune idée" car il n'y avait même pas de pancarte pour en indiquer l'auteur (et j'avoue ne pas avoir demandé aux passants de quoi il en retournait). Bref le mystère reste entier.

Tout comme la sculpture ci-dessous. Qu'est-elle censée représentée? Un tour d'équilibriste? Un exemple de ce qu'il ne faut pas faire en matière de construction? (perso en tant que portugais, donc expert en maçonnerie, je n'aurais jamais construit une maison sur une boule). Là non plus, je n'ai pas d'explication rationnelle à vous donner...



Par contre, si vous me voyez poser sur cette photo (oui oui c'est bien moi, même si je m'étais pas rasé ce jour là, on arrive quand même à me reconnaitre) c'est qu'il y a une raison. En effet, dès que j'ai vu cette sculpture j'ai eu un coup de nostalgie entre les deux oreilles pour un endroit de Villeurbanne que vous ne devez sans doute pas connaitre. Dans cette endroit il y a également une sculpture particulièrement ridicule (de mon point de vue). Et celle que j'ai vu à Utrecht m'a, durant un court instant, ramenée en France. Je ne sais pas si le sculpteur avait pensé à cet effet, ni si c'est le même sculpteur qui s'est amusé à exporter son idée mais la conclusion de tout cela, c'est que même la sculpture la plus ridicule de la terre peut se révéler être un puits de souvenirs plutôt sympa.



Enfin, pour pas perdre de bonnes habitudes et pour montrer que je pense aussi à vous en ces temps de grève (et aussi parce que j'aime les moustachus , c'est mon côté portugais, et les années 70). Voici de quoi vous rabibocher à vie avec le métro (et l'autobus). Enjoy!!



samedi 17 novembre 2007

Right on time


Eh oui, aujourd'hui est arrivé pile à l'heure Sinterklaas accompagné de ses zwarte piet même s'il ne distribuera tout ses bonbons et friandises que dans trois semaines.
Mais ce n'est pas de cet évènement très important pour les petits enfants et les gourmands dont je vais vous parler. Même s'il y en aurait des tas de choses à dire et notamment à propos des zwarte piet qu'on voit partout en ce moment...


En fait, j'aimerais vous faire part d'une grande nouvelle. J'ai enfin obtenu mon sésame, mon précieux : ma carte universitaire. Je vais enfin pouvoir emprunter des livres à la bibliothèque, payer moins cher mes plateaux repas ou m'inscrire au sport (euh pour l'instant j'allais au foot en sifflotant et ça avait l'air de passer, mais il est temps de réparer tout ça).

Des mythes ont la vie dure en France comme celui de dire que nous, français, sommes des grévistes invétérés (ce qui semble faux d'après libé et surtout d'après ces études...). Je viens de découvrir qu'il en est de même pour l'administration. Tout le monde a sa petite histoire (ou plutôt ses petites histoires) de problèmes ridicules posés par l'administration française. Eh bien maintenant, je dis qu'on a bien de la chance en fait. En effet, l'université Radboud n'est pas d'une efficacité folle dans ce domaine, disons même qu'elle est carrément à la ramasse (je ne suis malheureusement pas un accident).

Petit rappel des faits. Je suis arrivé aux Pays-Bas fin août, j'avais une chambre pour début novembre, il fallait donc que je me loge pour deux mois. Rapidement je trouve quelque chose (de spécial je dois bien l'avouer), le lendemain de la signature de mon contrat, POUF, l'université m'appelle pour me dire que l'appart était libre en octobre. Petit problème réglé par votre serviteur, mais j'aurai dû me méfier, car cette fameuse carte d'universitaire je ne l'ai eu que deux mois après c'est à dire en novembre. Après maints courriels de Paula, plusieurs formulaires remplis (parfois les mêmes) et plusieurs visites au secrétariat du personnel, je reçus une lettre fin octobre m'annonçant qu'enfin je pouvais aller gaiement me faire tirer le portrait à l'UCI pour cette fameuse carte. Plein de youpisme en moi, j'y vais d'un pas alerte et insouciant. Dans ces moments rien n'est plus beau que la naïveté du candide quand il ne doute pas. Une fois à l'UCI, j'apprends malheureusement que la base de données générale n'est mise à jour que tous les quinze jours, je suis donc prié de revenir la semaine d'après. Je vous rassure ce ne fut pas la douche froide, puisque on me donnait une date, je n'avais plus long à attendre, même si je ne comprenais pas pourquoi on m'avait envoyé une lettre daté du 24 octobre sans m'indiquer qu'il fallait attendre le 1er. Soit.

La semaine se passe et je retourne à l'UCI, le coeur alerte et leger, enfourchant ma gazelle avec entrain. Une fois sur place, j'attends un peu, et là je peux enfin me faire tirer le portrait. Evidemment, pour l'occasion, je m'étais fait tout beau (en gros, j'étais rasé du matin). On me prend ma petite trombinette et c'est parti pour associer ma photo avec ma fiche sur la base de données. A ce moment là, je vois bien que le gars galère, je m'approche donc doucement. Le gars se retourne alors en me disant tout penaud qu'il n'arrive pas à faire l'association...
Je regarde l'écran et je découvre un Jaïrzinho dos Santos né au Brésil et disparut de la circulation en 2005. Gentiment en souriant je lui fait la remarque en lui montrant mon passeport qui se trouve près de lui. Effectivement, me répond-il guilleret "ce n'est pas vous". Il se remet à chercher dans la base mais finalement au bout du compte rien n'apparait et bien désolé me demande de retourner au secrétariat du personnel pour demander mon numéro personnel afin qu'il puisse plus facilement me localiser. Je retourne au bureau du personnel (de l'autre côté du campus), je suis reçu très gentiment, comme d'habitude (car les néerlandais sont très gentil et courtois) et j'obtiens mon numéro. Easy que je me dis, je retourne donc à l'UCI fier de moi avec mon code, mais ça veut toujours pas marcher. Heureusement, la personne très gentille, comme toujours, me prend mon numéro de téléphone et au cas où j'apparais subitement dans la base, il me rappellera. Je trouve ça bizarre car ça me parait pas logique puisque la mise à jour de la base ne se fait que tout les quinze jours m'a-t-on dit, mais en même temps, c'est de l'administratif donc y doit y avoir une logique qui échappe à ma petite cervelle d'ingénu.

Deux jours plus tard, bingo, un coup de téléphone, le gars m'appelle. Il me dit qu'après moi il avait reçu d'autres personne qui présentaient le même cas que moi (une lettre mais pas dans la base), ils ont alors décidé de regarder un peu mieux leur logiciel et ont découvert qu'ils avaient oublié de cocher l'option de mise à jour... Comment dire, euh... deux jours pour découvrir ça, là je me dit qu'ils ont fait fort, que je fais face à de vrais champions, de ceux qu'on croise qu'une fois dans sa vie, et que le défi va être dur à relever. Je retourne donc à l'UCI un peu sonné par le choc mais bien content quand même de recevoir ma carte. Nous sommes le 7 novembre.


Valérie arrive le soir même, et je suis tout content de pouvoir lui présenter ma toute nouvelle carte. C'est bien d'avoir une carte, encore faut-il pouvoir s'en servir... Après le départ de Valérie, je vais sur le site de la bibliothèque pour voir s'il y a le livre que j'aimerai emprunter (Phonology of Dutch pour ceux que ça intéresse ;-). Il y est mais emprunté. Je vois de suite que le site propose de le réserver. Je clique et là, sombre et funeste sort du destin, on me demande mon numéro personnel et un mot de passe. Qu'est-ce? un mot de passe?
Tout d'un coup, une sorte de jaillissement dans mon esprit se fait jour, mais oui mais c'est bien sûr, normalement ils auraient dû (les gars du service informatique) m'ouvrir un compte mail à l'université et m'envoyer une lettre avec mon numéro personnel et mon mot de passe. J'ai confirmation de ceci par la bibliothèque. Je retourne donc à mon bureau favori, celui du secrétariat du personnel étage 4 du Erasmusgebouw. Au départ, ils me disent qu'ils ont perdu mon dossier et qu'ils rechercheront plus tard mais juste à l'instant où je vais partir une secrétaire que je ne connais pas fais son apparition avec mon dossier dans les mains. Louée soit-elle. Elle arrive right on time tel un saint Nicolas mais sans ses zwarte piet. Tout s'arrange, on me dit qu'ils vont s'occuper de la lettre, je n'ai plus qu'à l'attendre. Ce que je fais depuis en contemplant ma jolie carte universitaire...

Dois-je vous préciser que pour obtenir une carte de sport, c'est aussi un casse-tête, peut-être l'aurais-je dans deux mois, mais pour ce coup-ci je vous fais grâce de toute l'histoire car il y en a une aussi et c'est assez mal parti. Faut croire qu'ils aiment le château de Kafka ou les 12 travaux d'Asterix.

Tout ça me rappelle une chanson des Brothers Johnson (les auteurs du méga tube "Stomp") "Right on Time". Egidio, mon maitre funkyer, dans un moment par delà la lucidité, m'a avoué ,il y a fort longtemps, qu'il désirait par dessus tout posséder la crinière fouguese de l'homme en blanc. Et pourquoi pas les lunettes et la moustache aussi tiens? Faut imaginer Gi moustachu, ça pourrait avoir de l'allure mais je crois que Flo voudra pas tenter l'expérience, dommage ;-)
Sinon les danseurs sont toujours aussi exceptionnels. Je crois que c'est l'époque qui veut ça. La Star'Ac ou autre émission moderne ont oublié ce que c'était l'improvisation, et l'improvisation poussé à ce niveau là ce n'est plus de la simple impro, c'est de l'art. Je vous laisse apprécier tous les danseurs mais plus particulièrement celui de droite (moustachu lui aussi) et si joliment vêtu d'un beau pull rayé moulant, rrrrrrrr......



brother johnson - right on time
envoyé par papafonk



dimanche 4 novembre 2007

Intermède funky

Comme il fait pas beau, ça me fait penser à une chanson de Bill Withers (le gars qui chante l'original de "just the two of us") que j'aime beaucoup "ain't no sunshine" ce qui est vrai en ce moment ;-).
Bon intermède...
ps : le batteur a vraiment du style...

Péripéties dans l'autre pays du football

Après plus d'un mois de séjour dans ce beau pays, je sentais monter en moi le besoin oppressant de bouger un peu. Le vélo n'étant pas suffisant à mon équilibre intérieur, il a fallu que je trouve un palliatif. Ce fut le foot...


Rappelez-vous (car moi j'ai du mal à m'en souvenir) cette fin d'après midi où nous avions pour la première fois défié et battu courageusement le LET, je vous avais déjà montré toute ma classe de défenseur rugueux sur l'homme, sans génie mais de l'envie en veux tu en voilà, comme ces icônes des années 70 style Domenech le boucher mais sans la moustache.


Ben voilà, j'ai remis ça, tout ça à cause de plein de facteurs indépendants de ma volonté. Perso, comme vous vous en doutez, j'aurais préféré faire du basket voir du tennis de table (le premier qui dit ping pong, je lui jette le regard le plus méchant de la terre, non mais) mais pour ça il faut la carte de l'université. Or, j'ai découvert que la france n'est pas si mal côté administration finalement en comparaison avec mon département à l'université. En effet, à l'heure où je vous parle, après plusieurs tentatives de séduction avortées de multiples secrétaires et de trois techniciens informatiques, je n'ai toujours pas ma carte d'université. Chaque fois ce fut le même refrain "il faut attendre encore une semaine", je vais finir par croire que c'est le tube de l'automne à Nijmegen (en effet, je ne suis pas le seul à en faire les frais).

C'est dans un moment de désespoir, où je m'apprêtais à me faire à l'idée de courir au parc en bas de chez moi (courir sans ballon, vous imaginez le drame) que Francisco (Paco pour les intimes) vint me sauver. Lui aussi a eu certains petits problèmes pour obtenir sa carte bien qu'il n'ait pas tenté la séduction comme moi. Il a quand même réussi à l'obtenir mais il avait un avantage sur moi, c'est qu'il est arrivé en mai. Paco, dès qu'il a eu sa carte, s'est inscrit au sport mais il était un peu isolé quand même. Comme il aime le foot (et le real), il décide de s'y inscrire et après une séance me propose de le rejoindre car l'entraineur ne contrôle pas les cartes. C'est ainsi qu'en fraudant j'ai débuté ma première séance d'entrainement de foot depuis mes 10 ans où j'avais émargé au FC Lyon, club possédant à l'époque une brillante section feminine qui fut championne de France en 1991, 1993, 1995 et 1998 entre autre.

Le premier entrainement fut quand même rude. D'abord petit décrassage, puis exercices sans ballon, puis exercices avec ballon, puis petit match, le tout en deux heures. Conclusion, les deux turcs mastodontes qui étaient inscrits à ce cours sont des génies du football. La seule reprise de volée que j'ai tentée, c'est soldé par un superbe geste qui m'a permis d'éviter le ballon. L'entraîneur qui ne parlait que néerlandais a failli me mettre en doublette avec la seule fille du groupe qui est une débutante, heureusement je l'ai pas compris et j'ai fait les exercices avec Paco. La seule chose qui m'a rassuré c'est que Paco est à peu près du même niveau que moi sauf que lui il a des vrais chaussures de foot ;-)...

La prochaine fois j'essaierai de faire des photos...

Péripéties au pays d'Erasmus (et de Citroen)

Je vous écris présentement de mon nouveau bureau où j'ai emménagé hier, l'ancien n'ayant été que provisoire. Je me trouve maintenant hébergé au Max Planck Institut avec plein de gens sympas dont un andalous (non, ce n'est pas à proprement parler un espagnol, je maintiens ;-). Mais qu'en était-il de mon ancien bureau et de mes découvertes là bas? Justement ça tombe bien, j'allais vous en parler.


J'avais rendez vous avec Paula dans le Erasmusgebouw, située sur la Erasmusplein. Pour arriver à l'Erasmusplein, c'est simple, il suffit de suivre la Erasmuslaan que m'indiquait le plan. Pourquoi tant de Erasmus dans tout ces noms me direz vous avec raison. Les plus perspicaces d'entre vous ont déjà trouvé, Erasmus n'est pas qu'un programme d'échange d'étudiants, il s'agit également d'un grand penseur (néerlandais) de la renaissance (Erasme de son petit nom français). J'en connais qui devant l'écran se torde un peu le nez en se disant : "ce Christophe, il abuse, il nous prend vraiment pour des buses", que nenni, que nenni, je dis ça parce qu'en arrivant sur place, je tombe sur deux étudiants français qui justement venaient grâce à à Erasmus et essayaient de trouver un logement. Ils étaient arrivés la veille et avaient passé la nuit dans leur voiture. Comme je cherchais moi aussi un logement à l'époque, la discussion s'est lancée naturellement. Et là, j'apprends qu'ils sont allés sur Erasmusplein en croyant que c'était là que se faisait l'accueil des étudiants Erasmus. C'est vrai ça, quelle idée saugrenue d'appeler une place Erasmus alors que ça n'a rien à voir avec le programme du même nom. Je crois que ces deux là ont dû louper quelques cours de linguistique ou d'histoire (ou bien les deux ;-)...

Enfin bon, comme je découvre un peu l'environnement avant de rentrer dans le Erasmusgebouw, je me rend à la bibliothèque qui est est juste à côté. Là je vois plein d'étudiant se baladant avec des paniers en plastique rouges comme ceux qu'on peut trouver au supermarché. Bizarre non. En fait, c'est parce qu'on a pas le droit de se balader avec un sac dans l'enceinte de la bibliothèque. ça on le comprend vite quand on entre car d'abord y a un gardien avec l'uniforme et tout (pas comme le pseudo étudiant de master à l'entrée de la bibliothèque de lyon 2 qui lit toujours un bouquin ou surfe sur internet) et ensuite il y a une petite pièce sur le côté d'où on entends de nombreux bip - bip - bip. Forcément intrigué on rentre dans la pièce et là on se croirait soit à la piscine soit dans un vestiaire (en fait c'est en quelque sorte un vestaire), il y a plein de casier avec une diode rouge qui clignote et qui fait bip bip quand ils sont libres (à noter que ces casiers sont mieux que ce qu'on pourrait trouver dans la guerre des étoiles, puisque totalement digital, vous rentrez votre code et appuyer sur le bouton rouge pour le fermer, et là, fini les bip bip). Et évidemment il y a également les fameux paniers en plastique rouges pour mettre les affaires qu'on veut apporter avec soi. Je trouve quand même ce système vraiment suspicieux et les gens peuvent facilement voir ce que vous transportez, ce qu'ils ne se gênent pas de faire d'ailleurs. Heureusement la bibliothèque est superbe et cette suspicion ambiante est largement contrebalancée par la gentillesse des néerlandais (je crois que je l'ai déjà dit je crois).

De la bibliothèque on peut passer par la cafet/resto et ensuite entrer dans le Erasmusgebouw ce bâtiment imposant de 20 étages (tout ça pour éviter la pluie très courante par ici). Mon objectif était l'étage numéro 7, et viens donc l'épreuve d'affronter les ascenseurs. J'ai pas l'habitude d'aller dans ce genre de gratte ciel alors forcément je suis surpris, au centre 6 ascenseurs nommés A, B, C, D, E, F, qui se font face. On appelle pas l'ascenseur aussi simplement qu'en France, c'est plutôt lui qui nous appelle. En effet, il faut indiquer l'étage où on veut aller et là il indique l'ascenseur qu'il faut prendre. Bon, je vais pas vous le cacher, j'ai mis quelques secondes avant de comprendre le système, mais je me suis rassuré ensuite, y a pas que moi que ça surprend (ça c'est pour ceux qui me prennent pour un candide ;-). L'autre épreuve, c'est les portes, elle s'ouvre comme chez nous de l'exterieur vers l'intérieur ou inversement, en général c'est signalé par un "trekken" (tirer) ou un "duwen" (pousser) si ce n'est pas "gesloten" (fermer). Mais quand il n'y a rien d'écrit... On avance sa main pour tenter une poussée, et vla ti
pas que la porte se met à s'ouvrir d'elle même en prenant dangereusement la direction de votre nez (véridique). Les portes du Erasmusgebouw sont de cette espèce, des portes qu'on pourrait croire sympathique car elle nous évite un effort mais en faite traitresse en diable car une faute d'inattention et c'est l'accrochage, à part si elle s'ouvre automatiquement vers l'extérieur mais ça on peut pas le prévoir à l'avance, c'est une chance sur deux... Passer ces deux épreuves, vous êtes prêt pour travailler dans ce bâtiment moderne en espérant que les ascenseurs ne tombent pas en panne comme parfois au DDL car 7 étages c'est rude (sans parler de ceux qui travaillent au 20eme).

Pour ce détendre, on pourra toujours aller au fameux Albert Hein pour se procurer un jus de fruit frais (ou du chocolat c'est plus efficace), et faire de nouvelles découvertes. Tout d'abord, après une étude qualitative des voitures sur le parking, on peut s'apercevoir que le néerlandais aime les voitures françaises. On aurait pu s'attendre étant donné la proximité de la frontière avec l'Allemagne (10 km environ) à voir une flopée de volskwagen et autre porsche cayenne. Et bien non, les renault, peugeot ou citroen on la côte ici, faut croire qu'ils ont un petit côté français (j'y reviendrais une prochaine fois car c'est vrai).

Ensuite en rentrant au magasin, on s'interrogera sur l'assez grand nombre de sirop citroen présents dans les rayons. Non, non, citroen ne s'est pas lancé dans les sirops comme je l'ai cru au départ, je trouvais même qu'ils étaient gonflés chez citroen de pas faire leurs tests en France. En fait après quelques secondes de réflexion (ça prend toujours un peu de temps chez moi, je sais pas pourquoi), j'ai fait l'association avec Léon Zitrone. Ben oui, je me suis prononcé le mot en néerlandais et ça donne un truc comme "citroen" /sitrun/. Et par la magie des associations: mais oui mais c'est bien sûr Zitrone -> pacman -> face de citron -> citron. Après une rapide recherche sur internet (non, non, pas wikipedia), j'ai eu confirmation de cette étrange raisonnement. Le nom citroen proviendrait du néerlandais pour indiquer je cite "un marchand de citrons ou un homme au visage jaune". Pareillement pour zitrone : Egalement écrit Zitron, le nom désigne le citron en allemand. Il a souvent été porté par des juifs askhénazes des pays de l'est. Comme quoi voyager ça nous apprend toujours des tas de trucs mais faut rester aux aguets et prendre le temps de réfléchir quelques secondes :-) D'ailleurs quand j'ai demandé à ma logeuse néerlandaise si elle avait fait le rapprochement, j'ai eu la meilleure des réponses, sa surprise de n'y avoir jamais pensé...

Péripéties dans l'autre pays du fromage (et du vélo)

J’ai oublié de vous parler dans mon dernier post de quelques petits détails qui font le charme de ce pays. Tout d’abord, je tiens à préciser que les néerlandais sont très gentils et qu’ils savent tous faire du vélo (à part peut-être les quelques rares possesseurs de Porsche Cayenne, mais ça peut se comprendre ; je suppose d’ailleurs qu’ils ne doivent pas être néerlandais mais plutôt Suisse ou Sarkozyste, mais c’est un autre débat). De cet état de fait, on peut en tirer la conclusion que faire du vélo ça rend gentil, et oui ! Vincent n’est-il pas le représentant parfait au labo de cette gentillesse des cyclistes. Bien sur, comme dans tout postulat, il peut y avoir quelques exceptions comme les coureurs cyclistes surtout américains et espagnols (en général, dans les exceptions on retrouve souvent les espagnols, je sais pas pourquoi ;-).

Pour me mettre à la page moi aussi, j’ai donc fait l’acquisition d’une bicyclette néerlandaise et voir si cela allait avoir de l’effet sur moi. J’ai ainsi acheté une gazelle d’occasion à trois vitesses que certains, dont je connais les noms, pourraient affubler de vélo de fille puisqu’il n’y a pas de barre sur le dessus. Ici, dans ce beau pays du fromage (et du vélo), ce genre de bicyclette est pour tout le monde, fille comme garçon. Vous pourriez me demander pourquoi acheter un vélo alors que j’habite assez près de l’université ? D’une part, j’avais envie d’essayer la technique des néerlandais pour devenir gentil, et d’autre part, eh ben on a pas trop le choix, ou plutôt, ils nous forcent un peu la main. Ben oui, il y a des pistes cyclables partout, et pas des pistes avec juste un marquage au sol, non non non, des pistes isolées du reste de la circulation avec leurs propres panneaux et leurs propres feux de signalisations, oui messieurs dames. Et puis sur ces pistes, il y a plein de gens qui roulent à vélo, que même ça fait des bouchons le matin pour partir et le soir pour rentrer, ça permet de discuter, ou de demander son chemin ;-), les pistes sont pas faites pour un vélo mais pour plusieurs, elles sont larges avec marquage au sol (si, si). Alors quand on voit qu’on est tout seul à marcher sur des trottoirs pas top et que tous les autres te doublent à vélo sur des super pistes cyclables, ça te force à réfléchir un brin. En plus, si tu as une voiture, ben la ville c’est la galère. Aucune place de stationnement gratuite n’est disponible. On y a bien cru avec Valérie. Un soir (le premier soir), on devait retrouver Anetta et Taoufik en centre ville (à la grote markt, prononcer /xrot/ pour grote, je sais c’est pas facile), on file dans une petite rue, et là quelques places, on en revenait pas. On stationne tranquillou, on regarde s’il y a pas des panneaux ou des parcmètres, rien. On part rejoindre Anetta et Taoufik l’esprit tranquille, mais au retour, bam, une amende. Évidemment, elle est en néerlandais, mais on lit les chiffres donc dans les 50 euros je crois. Par contre on sait pas pourquoi. En partant, je regarde si on aurait pas louper un panneau, et je vois à l’entrer de la rue un panneau avec un truc écrit en néerlandais dessus. Je demande à Valérie de ralentir, et je découvre malgré mon néerlandais balbutiant par recoupement qu’en fait il faut être résident pour stationner dans cette rue (et en fait tout le quartier). Encore un argument pour l’option bicyclette, car là, il y a des parkings à vélo partout et gratuit. Et c’est pas des parkings à la vélov, c’est plutôt le genre très au dessus, avec des cinquantaines voir des centaines de places (surtout près de la gare, du centre ville ou de l’université). Bref, le vélo est vraiment partout.

Par contre, se balader à vélo peu parfois vous empêcher de découvrir la ville plus en profondeur. Ainsi, par un nuageux après midi, on découvrait la ville avec Valérie et on voit à l’intérieur d’une grande baie vitrée au premier étage, le cabinet d’un dentiste. Ça doit faire bizarre, d’aller chez le dentiste et de pouvoir être vue de l’extérieur. Bon en même temps comme ils sont tous à bicyclette ils ont pas le temps de voir, d’où l’intérêt de la marche à pied. Un peu plus loin, une autre baie vitrée au premier étage et là une dame jambes dénudées attend, je dis à Valérie « tiens, ils font pareil pour les soins épilatoires, c’est vraiment bizarre ce pays » tout en continuant de marcher. Valérie me répond : « je crois que c’est pas ça Christophe » en me montrant une deuxième vitrine à la suite de la première avec une nouvelle dame dénudée qui attendait sur un siège. Je crois que j’aurais dû faire du vélo à ce moment là ;-).

Bref, le vélo c’est bien, mais le fromage c’est encore mieux. Sachez que j’avais un a priori sur la nourriture après un passage à Terre Neuve pas bien fameux de ce côté-là. J’aurais pas dû. Il y a des bons chocolatiers (surtout d’origine belge), des traiteurs, des fromagers… tout ce dont j’ai besoin pour vivre. Et ce n’est pas que circonscrit au centre ville. Près de chez moi, J’ai un Albert Hein (le géant casino de là bas, sauf que c’est mieux parce que c’est pas stéphanois ;-), ben le rayon fromage vaut largement ceux de France, et il ne vend pas que du Gouda (même s’ils en font un peu trop, avec gouda parfumé curry, gouda parfumé olive, gouda parfumé…). Il y a plein de bon produit tout frais avec plein de choix. Un français, à part s’il est de mauvaise foi, ne peut qu’applaudir à deux mains la gastronomie néerlandaise (à part le hareng, je suis pas trop fan, mais il y a deux trois trucs sympas à faire avec quand même).

Bon je m’arrête là car sinon le post va devenir indigeste, et je commence à avoir faim à force de parler de tout ça ;-)

Péripéties dans l'autre pays de la pluie (et des tulipes)

Information avant de lire le message ci-dessous : il n'a pas été écrit sous l'influence de l'alcool ou d'une quelconque substance disponible légalement dans ce pays. Il est l'œuvre d'une personne normal qui peut parfois avoir des sautes d'imaginations comme c'est le cas présentement :-) bonne lecture...

Il y a bien des choses qui se sont passées depuis mon départ. Déjà, le voyage fut ponctué par une perte de repère due à un changement de pays : le Luxembourg (l'autre pays des portugais, 1/3 de la population l'étant). En effet, une fois rentrée dans ce merveilleux pays au charme suranné, toutes les plaques indiquaient des villes ou villages de ce beau pays mais aucune n'indiquait une quelconque frontière ou ville de l'autre côté de la frontière. Pourtant, le pays est petit et la frontière pas loin. Mais définitivement non, ils ne veulent pas nous donner cette information. S'agit-il d'un stratagème astucieux pour retenir les touristes ou voyageurs (comme nous) de passage, peut-être. Quoi qu'il en soit, nous nous sommes bel et bien égarés dans ce petit pays et nous avons ainsi pu découvrir par ses petites routes de village, qu'il était bien plus grand qu'on pouvait se l'imaginer (un peu comme le Portugal en fait mais en plus petit si vous me suivez ;-).
Puis vint les routes allemandes si souvent évoquées avec sa non limitation de vitesse (oui c'est vrai j'ai fait une petite pointe à 150 mais je faisais pas attention, avec toutes ces voitures qui vont vite, on se rend pas bien compte). Ce qu'on ne dit pas, c'est le manque criant de toilette sur les aires. J'en ai dénombré une entre le Luxembourg et la frontière néerlandaise, c'est peu, par contre côté commodité tout y était, à croire que seules les toilettes françaises ne proposent pas de papier, pourtant c'est important les toilettes non mais...

Arriver sur les lieux, nous nous installons dans le "bed and breakfast" que nous avions réservé Valérie et moi. "Bed and breakfast" particulier car nous habitions une petite maison en bois avec petit salon et chambre dans le jardin. Si on met de côté le petit aspect champêtre et coquet de la chose, il faut avouer que dans ce pays que je découvre très humide, il y a mieux comme isolation, mais bon. Nos hôtes néerlandais était cependant très sympathique et parlait français, anglais et allemand ce qui ne gâche rien.

le lendemain ce fut mission, chambres à louer pour deux mois, le temps qu'il faut pour que je récupère un appartement de l'université. Nous partons alors pour l'université avec nos sac à dos prêt à défier les agences et les sites internet de notre humilité. Paradoxalement, c'est très facile de trouver une chambre au Pays-Bas mais pas pour deux mois seulement. Finalement, après maints combats valeureux, je soutirais de la main de mon adversaire agent immobilier une adresse à aller visiter. Je fais alors mon Pilgrim's progress à moi, baigné de l'aura faiblissante de ma bonne étoile et je part dans les "straat" en espérant arriver non pas à Sion mais au moins à une chambre décente ce qui place la barre moins haut quand même ;-)

Finalement, après bien des heures d'errances et de découragement (bon j'exagère un peu mais faut bien vous tenir en haleine), je trouve enfin la perle (là aussi j'exagère mais cette fois c'est beaucoup), la seule personne qui daigne m'accepter pour seulement deux mois. Bon, c'est pas une néerlandaise classique, OK elle chante des mantras tout les matins, c'est sûr, c'est pas super propre et on peut pas vraiment se faire à manger vu qu'il y a pas les équipements pour, MAIS elle a un super beau chat (un persan gris qui a du mal à respirer et qui ronfle fort) et ça, ça remplace pas mal de chose.

Patatrac, voilà que tout s'écroule, je reçois un courriel samedi comme quoi l'université me propose de prendre l'appart dès octobre, et dire que j'ai déjà tout signé, c'est la poisse. Mais rien n'effraie les faibles d'esprits enfin je veux dire les courageux petits voyageurs, et je ne sais pas encore par quelle prouesse magique je vais sortir de ce mauvais pas, mais je vais y travailler.

Pour l'instant j'attends avec une impatience toute portugaise mon rendez-vous avec Paula à 14 heures ce jour. Ne sentez vous pas perlez sur ce front blafard (mais un peu bronzé quand même) des gouttes de franco-portugais exhalant l'odeur si singulière de la tétanisation qui se met en marche. Ce grand dragon fou qui ose prendre possession de mes moyens dans les moments les plus inopportuns. Heureusement que j'ai une arme secrète ah ah ah.
Depuis mon arrivée, un couple de bienheureux aide les petites gens perdus comme moi, et d'ailleurs je les en remercie, grâce à leurs précieux conseils et leur réconfort mon voyage dans l'autre pays de la pluie et de la tulipe se déroule bien mieux que prévu. Ainsi, venez vilains, venez à moi dragons et autres problèmes administratifs, car je n'ai plus peur de vous...

Sinon tout va très bien, la pluie succède au beau temps qui succède à la pluie et ceci toutes les demi heures, ça a son charme. Les gens parlent tous anglais. Par contre plein de choses sont écrites en néerlandais uniquement, j'aurais pu dire "hé les boules", c'est comme ça que les néerlandais disent "plein de" , enfin je crois (heleboel, je suis pas sûr de l'orthographe).

à suivre...