Eh oui, aujourd'hui est arrivé pile à l'heure Sinterklaas accompagné de ses zwarte piet même s'il ne distribuera tout ses bonbons et friandises que dans trois semaines.

En fait, j'aimerais vous faire part d'une grande nouvelle. J'ai enfin obtenu mon sésame, mon précieux : ma carte universitaire. Je vais enfin pouvoir emprunter des livres à la bibliothèque, payer moins cher mes plateaux repas ou m'inscrire au sport (euh pour l'instant j'allais au foot en sifflotant et ça avait l'air de passer, mais il est temps de réparer tout ça).
Des mythes ont la vie dure en France comme celui de dire que nous, français, sommes des grévistes invétérés (ce qui semble faux d'après libé et surtout d'après ces études...). Je viens de découvrir qu'il en est de même pour l'administration. Tout le monde a sa petite histoire (ou plutôt ses petites histoires) de problèmes ridicules posés par l'administration française. Eh bien maintenant, je dis qu'on a bien de la chance en fait. En effet, l'université Radboud n'est pas d'une efficacité folle dans ce domaine, disons même qu'elle est carrément à la ramasse (je ne suis malheureusement pas un accident).
Petit rappel des faits. Je suis arrivé aux Pays-Bas fin août, j'avais une chambre pour début novembre, il fallait donc que je me loge pour deux mois. Rapidement je trouve quelque chose (de spécial je dois bien l'avouer), le lendemain de la signature de mon contrat, POUF, l'université m'appelle pour me dire que l'appart était libre en octobre. Petit problème réglé par votre serviteur, mais j'aurai dû me méfier, car cette fameuse carte d'universitaire je ne l'ai eu que deux mois après c'est à dire en novembre. Après maints courriels de Paula, plusieurs formulaires remplis (parfois les mêmes) et plusieurs visites au secrétariat du personnel, je reçus une lettre fin octobre m'annonçant qu'enfin je pouvais aller gaiement me faire tirer le portrait à l'UCI pour cette fameuse carte. Plein de youpisme en moi, j'y vais d'un pas alerte et insouciant. Dans ces moments rien n'est plus beau que la naïveté du candide quand il ne doute pas. Une fois à l'UCI, j'apprends malheureusement que la base de données générale n'est mise à jour que tous les quinze jours, je suis donc prié de revenir la semaine d'après. Je vous rassure ce ne fut pas la douche froide, puisque on me donnait une date, je n'avais plus long à attendre, même si je ne comprenais pas pourquoi on m'avait envoyé une lettre daté du 24 octobre sans m'indiquer qu'il fallait attendre le 1er. Soit.
La semaine se passe et je retourne à l'UCI, le coeur alerte et leger, enfourchant ma gazelle avec entrain. Une fois sur place, j'attends un peu, et là je peux enfin me faire tirer le portrait. Evidemment, pour l'occasion, je m'étais fait tout beau (en gros, j'étais rasé du matin). On me prend ma petite trombinette et c'est parti pour associer ma photo avec ma fiche sur la base de données. A ce moment là, je vois bien que le gars galère, je m'approche donc doucement. Le gars se retourne alors en me disant tout penaud qu'il n'arrive pas à faire l'association...
Je regarde l'écran et je découvre un Jaïrzinho dos Santos né au Brésil et disparut de la circulation en 2005. Gentiment en souriant je lui fait la remarque en lui montrant mon passeport qui se trouve près de lui. Effectivement, me répond-il guilleret "ce n'est pas vous". Il se remet à chercher dans la base mais finalement au bout du compte rien n'apparait et bien désolé me demande de retourner au secrétariat du personnel pour demander mon numéro personnel afin qu'il puisse plus facilement me localiser. Je retourne au bureau du personnel (de l'autre côté du campus), je suis reçu très gentiment, comme d'habitude (car les néerlandais sont très gentil et courtois) et j'obtiens mon numéro. Easy que je me dis, je retourne donc à l'UCI fier de moi avec mon code, mais ça veut toujours pas marcher. Heureusement, la personne très gentille, comme toujours, me prend mon numéro de téléphone et au cas où j'apparais subitement dans la base, il me rappellera. Je trouve ça bizarre car ça me parait pas logique puisque la mise à jour de la base ne se fait que tout les quinze jours m'a-t-on dit, mais en même temps, c'est de l'administratif donc y doit y avoir une logique qui échappe à ma petite cervelle d'ingénu.
Deux jours plus tard, bingo, un coup de téléphone, le gars m'appelle. Il me dit qu'après moi il avait reçu d'autres personne qui présentaient le même cas que moi (une lettre mais pas dans la base), ils ont alors décidé de regarder un peu mieux leur logiciel et ont découvert qu'ils avaient oublié de cocher l'option de mise à jour... Comment dire, euh... deux jours pour découvrir ça, là je me dit qu'ils ont fait fort, que je fais face à de vrais champions, de ceux qu'on croise qu'une fois dans sa vie, et que le défi va être dur à relever. Je retourne donc à l'UCI un peu sonné par le choc mais bien content quand même de recevoir ma carte. Nous sommes le 7 novembre.

Valérie arrive le soir même, et je suis tout content de pouvoir lui présenter ma toute nouvelle carte. C'est bien d'avoir une carte, encore faut-il pouvoir s'en servir... Après le départ de Valérie, je vais sur le site de la bibliothèque pour voir s'il y a le livre que j'aimerai emprunter (Phonology of Dutch pour ceux que ça intéresse ;-). Il y est mais emprunté. Je vois de suite que le site propose de le réserver. Je clique et là, sombre et funeste sort du destin, on me demande mon numéro personnel et un mot de passe. Qu'est-ce? un mot de passe?
Tout d'un coup, une sorte de jaillissement dans mon esprit se fait jour, mais oui mais c'est bien sûr, normalement ils auraient dû (les gars du service informatique) m'ouvrir un compte mail à l'université et m'envoyer une lettre avec mon numéro personnel et mon mot de passe. J'ai confirmation de ceci par la bibliothèque. Je retourne donc à mon bureau favori, celui du secrétariat du personnel étage 4 du Erasmusgebouw. Au départ, ils me disent qu'ils ont perdu mon dossier et qu'ils rechercheront plus tard mais juste à l'instant où je vais partir une secrétaire que je ne connais pas fais son apparition avec mon dossier dans les mains. Louée soit-elle. Elle arrive right on time tel un saint Nicolas mais sans ses zwarte piet. Tout s'arrange, on me dit qu'ils vont s'occuper de la lettre, je n'ai plus qu'à l'attendre. Ce que je fais depuis en contemplant ma jolie carte universitaire...
Dois-je vous préciser que pour obtenir une carte de sport, c'est aussi un casse-tête, peut-être l'aurais-je dans deux mois, mais pour ce coup-ci je vous fais grâce de toute l'histoire car il y en a une aussi et c'est assez mal parti. Faut croire qu'ils aiment le château de Kafka ou les 12 travaux d'Asterix.
Tout ça me rappelle une chanson des Brothers Johnson (les auteurs du méga tube "Stomp") "Right on Time". Egidio, mon maitre funkyer, dans un moment par delà la lucidité, m'a avoué ,il y a fort longtemps, qu'il désirait par dessus tout posséder la crinière fouguese de l'homme en blanc. Et pourquoi pas les lunettes et la moustache aussi tiens? Faut imaginer Gi moustachu, ça pourrait avoir de l'allure mais je crois que Flo voudra pas tenter l'expérience, dommage ;-)
Sinon les danseurs sont toujours aussi exceptionnels. Je crois que c'est l'époque qui veut ça. La Star'Ac ou autre émission moderne ont oublié ce que c'était l'improvisation, et l'improvisation poussé à ce niveau là ce n'est plus de la simple impro, c'est de l'art. Je vous laisse apprécier tous les danseurs mais plus particulièrement celui de droite (moustachu lui aussi) et si joliment vêtu d'un beau pull rayé moulant, rrrrrrrr......
brother johnson - right on time
envoyé par papafonk
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