dimanche 4 novembre 2007

Péripéties au pays d'Erasmus (et de Citroen)

Je vous écris présentement de mon nouveau bureau où j'ai emménagé hier, l'ancien n'ayant été que provisoire. Je me trouve maintenant hébergé au Max Planck Institut avec plein de gens sympas dont un andalous (non, ce n'est pas à proprement parler un espagnol, je maintiens ;-). Mais qu'en était-il de mon ancien bureau et de mes découvertes là bas? Justement ça tombe bien, j'allais vous en parler.


J'avais rendez vous avec Paula dans le Erasmusgebouw, située sur la Erasmusplein. Pour arriver à l'Erasmusplein, c'est simple, il suffit de suivre la Erasmuslaan que m'indiquait le plan. Pourquoi tant de Erasmus dans tout ces noms me direz vous avec raison. Les plus perspicaces d'entre vous ont déjà trouvé, Erasmus n'est pas qu'un programme d'échange d'étudiants, il s'agit également d'un grand penseur (néerlandais) de la renaissance (Erasme de son petit nom français). J'en connais qui devant l'écran se torde un peu le nez en se disant : "ce Christophe, il abuse, il nous prend vraiment pour des buses", que nenni, que nenni, je dis ça parce qu'en arrivant sur place, je tombe sur deux étudiants français qui justement venaient grâce à à Erasmus et essayaient de trouver un logement. Ils étaient arrivés la veille et avaient passé la nuit dans leur voiture. Comme je cherchais moi aussi un logement à l'époque, la discussion s'est lancée naturellement. Et là, j'apprends qu'ils sont allés sur Erasmusplein en croyant que c'était là que se faisait l'accueil des étudiants Erasmus. C'est vrai ça, quelle idée saugrenue d'appeler une place Erasmus alors que ça n'a rien à voir avec le programme du même nom. Je crois que ces deux là ont dû louper quelques cours de linguistique ou d'histoire (ou bien les deux ;-)...

Enfin bon, comme je découvre un peu l'environnement avant de rentrer dans le Erasmusgebouw, je me rend à la bibliothèque qui est est juste à côté. Là je vois plein d'étudiant se baladant avec des paniers en plastique rouges comme ceux qu'on peut trouver au supermarché. Bizarre non. En fait, c'est parce qu'on a pas le droit de se balader avec un sac dans l'enceinte de la bibliothèque. ça on le comprend vite quand on entre car d'abord y a un gardien avec l'uniforme et tout (pas comme le pseudo étudiant de master à l'entrée de la bibliothèque de lyon 2 qui lit toujours un bouquin ou surfe sur internet) et ensuite il y a une petite pièce sur le côté d'où on entends de nombreux bip - bip - bip. Forcément intrigué on rentre dans la pièce et là on se croirait soit à la piscine soit dans un vestiaire (en fait c'est en quelque sorte un vestaire), il y a plein de casier avec une diode rouge qui clignote et qui fait bip bip quand ils sont libres (à noter que ces casiers sont mieux que ce qu'on pourrait trouver dans la guerre des étoiles, puisque totalement digital, vous rentrez votre code et appuyer sur le bouton rouge pour le fermer, et là, fini les bip bip). Et évidemment il y a également les fameux paniers en plastique rouges pour mettre les affaires qu'on veut apporter avec soi. Je trouve quand même ce système vraiment suspicieux et les gens peuvent facilement voir ce que vous transportez, ce qu'ils ne se gênent pas de faire d'ailleurs. Heureusement la bibliothèque est superbe et cette suspicion ambiante est largement contrebalancée par la gentillesse des néerlandais (je crois que je l'ai déjà dit je crois).

De la bibliothèque on peut passer par la cafet/resto et ensuite entrer dans le Erasmusgebouw ce bâtiment imposant de 20 étages (tout ça pour éviter la pluie très courante par ici). Mon objectif était l'étage numéro 7, et viens donc l'épreuve d'affronter les ascenseurs. J'ai pas l'habitude d'aller dans ce genre de gratte ciel alors forcément je suis surpris, au centre 6 ascenseurs nommés A, B, C, D, E, F, qui se font face. On appelle pas l'ascenseur aussi simplement qu'en France, c'est plutôt lui qui nous appelle. En effet, il faut indiquer l'étage où on veut aller et là il indique l'ascenseur qu'il faut prendre. Bon, je vais pas vous le cacher, j'ai mis quelques secondes avant de comprendre le système, mais je me suis rassuré ensuite, y a pas que moi que ça surprend (ça c'est pour ceux qui me prennent pour un candide ;-). L'autre épreuve, c'est les portes, elle s'ouvre comme chez nous de l'exterieur vers l'intérieur ou inversement, en général c'est signalé par un "trekken" (tirer) ou un "duwen" (pousser) si ce n'est pas "gesloten" (fermer). Mais quand il n'y a rien d'écrit... On avance sa main pour tenter une poussée, et vla ti
pas que la porte se met à s'ouvrir d'elle même en prenant dangereusement la direction de votre nez (véridique). Les portes du Erasmusgebouw sont de cette espèce, des portes qu'on pourrait croire sympathique car elle nous évite un effort mais en faite traitresse en diable car une faute d'inattention et c'est l'accrochage, à part si elle s'ouvre automatiquement vers l'extérieur mais ça on peut pas le prévoir à l'avance, c'est une chance sur deux... Passer ces deux épreuves, vous êtes prêt pour travailler dans ce bâtiment moderne en espérant que les ascenseurs ne tombent pas en panne comme parfois au DDL car 7 étages c'est rude (sans parler de ceux qui travaillent au 20eme).

Pour ce détendre, on pourra toujours aller au fameux Albert Hein pour se procurer un jus de fruit frais (ou du chocolat c'est plus efficace), et faire de nouvelles découvertes. Tout d'abord, après une étude qualitative des voitures sur le parking, on peut s'apercevoir que le néerlandais aime les voitures françaises. On aurait pu s'attendre étant donné la proximité de la frontière avec l'Allemagne (10 km environ) à voir une flopée de volskwagen et autre porsche cayenne. Et bien non, les renault, peugeot ou citroen on la côte ici, faut croire qu'ils ont un petit côté français (j'y reviendrais une prochaine fois car c'est vrai).

Ensuite en rentrant au magasin, on s'interrogera sur l'assez grand nombre de sirop citroen présents dans les rayons. Non, non, citroen ne s'est pas lancé dans les sirops comme je l'ai cru au départ, je trouvais même qu'ils étaient gonflés chez citroen de pas faire leurs tests en France. En fait après quelques secondes de réflexion (ça prend toujours un peu de temps chez moi, je sais pas pourquoi), j'ai fait l'association avec Léon Zitrone. Ben oui, je me suis prononcé le mot en néerlandais et ça donne un truc comme "citroen" /sitrun/. Et par la magie des associations: mais oui mais c'est bien sûr Zitrone -> pacman -> face de citron -> citron. Après une rapide recherche sur internet (non, non, pas wikipedia), j'ai eu confirmation de cette étrange raisonnement. Le nom citroen proviendrait du néerlandais pour indiquer je cite "un marchand de citrons ou un homme au visage jaune". Pareillement pour zitrone : Egalement écrit Zitron, le nom désigne le citron en allemand. Il a souvent été porté par des juifs askhénazes des pays de l'est. Comme quoi voyager ça nous apprend toujours des tas de trucs mais faut rester aux aguets et prendre le temps de réfléchir quelques secondes :-) D'ailleurs quand j'ai demandé à ma logeuse néerlandaise si elle avait fait le rapprochement, j'ai eu la meilleure des réponses, sa surprise de n'y avoir jamais pensé...

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